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08 décembre 2013

Aldinga Beach, 8 decembre 1963

Rodney Fox en 1964 - Photo courtesy of John Harding.

Il y a exactement 50 ans aujourd'hui Rodney Fox survivait à l'assault d'un White pointer.

Rodney Fox a 23 ans quand ce 8 décembre 1963 il participe à un championnat de chasse sous-marine (spearfishing en anglais) au fusil-harpon près de Aldinga Beach, au sud d'Adelaïde. Alors qu'il s'apprêtait à tirer un poisson, il est percuté ("par une locomotive" selon ses propres dires) et saisi par un grand requin blanc. Il est gravement mordu à l'abdomen et manque de périr noyé. Il réussi néanmoins à regagner la surface et est rapidement secouru par un bateau. De là, il est emmené derechef à l'hôpital le plus proche.

 

Fox doit sa survie à sa combinaison qui lui a maintenu les organes en place, et probablement au fait que le requin n'ai fait que "goûter" le plongeur. Son récit et ses photos ont fait le tour de monde, et il est encore aujourd'hui le plus célèbre rescapé d'une attaque de requin.
 
Revenge of a Shark Victim

Rodney Fox, survivant et marqué à vie, sortit de l'hôpital en mettant un point d'honneur à surmonter sa peur et à retourner dans l'eau au plus vite. Exalté dans un premier temps par un esprit de revanche, le spearfisherman entreprend de débarrasser l'eau de tout les requins-tueurs du coin. Une réaction compréhensible quoique désastreuse : pour Fox (comme pour la plupart des gens à l'époque), un bon requin est un requin mort. 

Nous sommes dans les années 60, et en Australie le spearfishing est devenu un sport à la mode. Les petits clubs se sont multipliés. L'époque est insouciante et les considérations environnementales sont alors quasi inexistantes.
 
Mais l'attitude de Fox change peu à peu. La vengeance fait place à la curiosité.
Les requins sont encore considérés comme des menaces, mais ce sont des animaux mal connus dont il reste quasi-tout à découvrir. Un changement que l'on doit certainement à l'influence de Ron et Valerie Taylor, spearfishingmen eux aussi, mais surtout passionnés de photo sous-marine. Ron Taylor ne rate d'ailleurs jamais une occasion de tourner avec sa camera 16 mm, équipé d'une house de son invention.


Après deux petits films en noir et blanc, Playing with Sharks (1962) et Shark Hunters (1963), Ron Taylor met en scène Rodney Fox dans Revenge of a Shark Victim (1965). La hype pour les films de requins bat son plein en Australie, où ils sont projetés dans de petites salles et même vendus pour les actualités. Dans ce court film, peu glorieux pour Rodney Fox, ce sont malheureusement de pauvres requins taureau et autres requins de récifs qui font les frais de la psychose générale contre les "mangeurs d'hommes".



En 1966, Ron Taylor, accompagné par Rodney Fox, filme les premières séquences de grands requins blancs sous l'eau à Dangereous Reef. Fini les massacres de requins, l'heure est aux sensations fortes, à l'aventure et à l'exploration. Fox a mis au point une cage d'observation (reprenant et améliorant l'invention de J.Y. Cousteau, utilisé dans son film Le Monde du Silence en 1953) permettant de filmer et photographier sous l'eau sans danger. Il continue en parallèle son activité de plongeur professionnel-pécheur d'ormeaux.

Fort de son statut de survivant et de son expérience, Rodney Fox apparait ensuite en 1971 dans le film-documentaire Blue Water, White Death, à nouveau aux cotés de Ron et Valerie Taylor. Ce film, qui retrace le parcours d'une expédition - à la recherche du man-eater - inaugure une nouvelle ère.

A bigger boat

C'est Jaws qui marquera le tournant. Consultant pour le film, Rodney Fox organise l'expédition avec l'aide du couple Taylor qui tourneront quelques séquences sous-marines avec de vrais requins pour les besoin du film. A sa sortie en 1975, l'impact du film de Spielberg est énorme. Le grand blanc, qui n'avait déjà pas bonne presse, est maintenant devenu le monstre ultime.

Cette popularité nouvelle conduira Rodney Fox à organiser, dès février 1976, les premières expéditions (mais payantes) pour observer des grands requins blancs là ou ils se trouvent. C'est à dire à Dangerous Reef. Le Shark Cage Diving est né. 

Des centaines d'expéditions auront lieu dans les années 70 et 80 ; scientifiques, télévisuelles ou simplement touristiques, elles seront toutes emmenés par l'australien, devenu expert reconnu du grand requin blanc.
Car Rodney Fox a eu tout le loisir de bien observer et étudier son ancien agresseur. Et celui-ci n'est pas la terreur des mers tant décriée. 



C'est un deuxième tournant. Rodney Fox, qui a pris conscience de la vulnérabilité des grands requins blancs, va s'imposer comme démystificateur. Tantôt plongeur, photographe, réalisateur, producteur de documentaires, consultant, guide ou naturaliste... depuis plus de trente ans, Rodney Fox est devenu un défenseur de la cause des requins contribuant à la connaissance des squales et à leur protection.

Aujourd'hui Rodney Fox et son fils Andrew mènent toujours leurs expéditions au large des îles Neptune, à environ trois heures en bateau de Port Lincoln. Une fondation, la Fox Shark Research Foundation a vu le jour en 2001 dans le but de promouvoir la protection et la recherche sur les requins blancs, notamment par un programme de marquage.

En 1995 est sorti Hunt For The Great White Shark, (parfois appellé The Fox And The Shark) un bon documentaire du National Geographic qui retrace le parcours de Rodney Fox avec de nombreuses images d'archive.

Ces jours-ci vient de sortir une biographie Sharks, sea and me (Wakefield Press, 288 pages) rédigée par Fox lui-même. Et un nouveau documentaire serait en préparation.

Rodney Fox en 2013.

www.rodneyfox.com.au

une interview vidéo de Rodney Fox dans laquelle il revient sur son attaque.
 
une interview radio d'ABC Adelaïde en décembre 2013.
un article à propos de la première expédition en Shark Cage Diving de 1976. 
une interview de Rodney Fox par Alex Buttigieg.
→ une interview de Rodney Fox en 2007 pour le magazine Divehappy.

04 avril 2013

François Sarano : pourquoi protéger les requins ?



Deux rencontres avec François Sarano pour sa conférence "Plonger avec le grand requin blanc" sont prévues très bientôt :

- le 10 avril 2013 à Paris à la Maison des Océans, Institut Océanographique de Paris à 19h30 (dans le cadre du cycle de conférences requins de l'Institut).

- le 11 avril 2013 à l'IUT 2 de Grenoble à 19h30.

Ce récent article du Monde nous apprend d'ailleurs que sieur Sarano prépare un nouveau documentaire intitulé "Méditerranée: royaume perdu des requins" qui devrait être diffusé à l'automne sur France 2.

On a hâte de voir ça.

09 janvier 2013

Un cycle de conférences sur les requins en 2013


REQUINS : AU-DELÀ DU MALENTENDU est un nouveau cycle de conférences qui s'étendra tout le long de l'année 2013, à Paris, à l'initiative de l'Institut Océanographique.

Ces rencontres auront lieu le 2e mercredi de chaque mois, à la Maison des Océans (au sein de l'Institut). La parole sera donnée à différents acteurs et activistes des océans, qu’ils soient scientifiques, industriels, associations, navigateurs, plongeurs ou passionnés, qui viendront témoigner de leur actualité et de leur expérience.



Au programme, 8 conférences et des intervenants de qualité.

Coup d'envoi ce soir 9 janvier avec la conférence inaugurale que donnera Robert Calcagno, directeur de l'Institut, dès 19h30. L'entrée est libre et gratuite.

Et pour les mois suivant...

Mercredi 13 février 2013 
DANS LES YEUX DES REQUINS
avec Pierre Frolla, apnéiste, qui explore les mers du globe à la rencontre des requins.

Mercredi 10 avril 2013
PLONGER AVEC LE GRAND REQUIN BLANC
avec François Sarano, fondateur de l'association Longitude 181, conseiller scientifique et co-scénariste du film Océans. Comment rencontrer les requins ? Que nous apprennent ces rencontres sur la vie sauvage, la diversité biologique, et, au-delà, sur nous-mêmes, nos relations avec les autres et notre rapport avec le monde vivant en général ?

Mercredi 12 juin 2013
UNE MER SANS REQUINS !
avec Bernard Séret, de l'IRD, qui reviendra sur la menace qui pèse sur de nombreuses espèces de requins. Peut-on imaginer une mer sans requins ? Quelles seraient les conséquences de leur disparition ? Quelles sont les mesures à prendre avant qu’il ne soit trop tard ?

Mercredi 11 septembre 2013
Projection du film LE MYSTÈRE DES REQUINS BALEINES , primé de nombreuses fois, suivi d'un débat en présence de René Heuzey (réalisateur), Alexis Rosenfeld (photographe sous-marin) et Michel Vély (vétérinaire).

Mercredi 9 octobre 2013
L'ENJEU DE LA PÊCHE DURABLE ET DE LA CONSOMMATION RESPONSABLE
avec Edouard Le Bart, responsable en France du Marine Stewardship Council (MSC), un label international délivré aux pêcheries durables. 

Mercredi 13 novembre 2013
YANN LE SURVIVANT, DÉFENSEUR DES REQUINS - Pourquoi et comment les protéger? 
avec Yann Perras, militant au sein de l'ONG Pew Environment et qui a perdu une jambe suite à la morsure d'un requin au Venezuela en 2003, et Nicole Aussedat, consultante indépendante pour la protection de la biodiversité marine et collaboratrice à Shark Alliance.
 
Mercredi 11 décembre 2013
REQUINS ET TOURISME DURABLE: UTOPIE OU RÉALITÉ ?
avec Patrice Petit de Voize, président de lacommission nationale Environnement et Biologie subaquatique à la FFESSM, et Osman Ersen, directeur de l'agence Blue Lagoon. Le tourisme durable et responsable est-il une voie qui permettra une meilleure connaissance des requins, voire une alternative à leur pêche ?

Le programme complet (en pdf) est à télécharger ici

Maison des Océans - Institut Océanographique 
195 rue Saint-Jacques
75005 Paris

www.institut-ocean.org

09 septembre 2012

Conférences sur les requins à l'Aquarium de Paris

Du 9 septembre au 12 novembres 2012, dans le cadre de l'exposition de la rentrée Vivent les requins !, l’Aquarium de Paris - Cinéaqua propose un cycle de conférences et débats autours des requins. 



Voici le programme :


LES REQUINS : DES PRÉDATEURS DEVENUS PROIES
Mardi 11 septembre 2012 – de 19h à 21h.

Conférence avec Bernard Séret, chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement – IRD.
A ce jour, il a décrit une quarantaine d’espèces nouvelles. Ses recherches concernent aussi la biologie et l’écologie des requins. Il dirige actuellement un programme d’études les requins des îles Eparses, intervient dans le programme national de marquage de requin-taupe dans l’Atlantique nord-est, et dans le programme européen MADE dont l’objectif est de réduire les prises accessoires dans les pêcheries pélagiques thonières.


LES MYSTERIEUX REQUINS D'ATLANTIQUE ET DE BRETAGNE
Jeudi 27 septembre 2012 – de 19h à 21h.

Conférence avec Eric Stéphan, co-fondateur en 1997 de l’APECS - Association Pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens - une association brestoise dédiée à l’étude et à la conservation des requins et des raies. Au sein de cette structure, il se consacre à l’étude du requin pèlerin.


MA RENCONTRE AVEC LES REQUINS
Dimanche 7 octobre de 15h à 17h.
Avec Ondine Eliot, jeune adolescente passionnée des requins qui multiplie les actions pour sensibiliser le grand public (et notamment les plus jeunes) à la nécessité de protéger les requins.


PRÉSERVER LES REQUINS DE MÉDITERRANÉE
Samedi 20 octobre de 16h à 18h.
Avec Nicolas Ziani, président de l’association AILERONS (Association ichtyologique pour l’étude, la recherche, l’observation dans la nature des sélaciens).


PRÊT POUR UN TÊTE-A-TÊTE AVEC LE GRAND REQUIN BLANC
Mardi 23 octobre de 19h à 21h.
Avec Eduardo Da Forno, adjoint au capacitaire de l’Aquarium de Paris qui est parti, en août 2011, observer et plonger avec les grands requins blancs en Afrique du Sud.


Infos pratiques :

Tarifs : 5 € (3 €, étudiants et seniors) pour les conférences ayant lieu en soirée, de 19 h à 21 h. Pour celles se déroulant en journée le week-end, l’entrée est incluse dans le prix du billet pour l’Aquarium (à partir de 11 €).

Réservations : 01 40 69 23 32.

Aquarium de Paris - Cinéaqua
5 av. Albert de Mun / 2 av. des Nations-Unies
75016 Paris.
Métro Iéna ou Trocadéro.

www.cineaqua.com

24 juin 2012

Saatchi & Sharks

On vous parlait de l'agence Saatchi & Saatchi dans notre dernier post. Voici quelques unes de leurs autres productions, toujours très bien senties.



L'homme. (Septembre 2004 / Client: Shark Trust, Royaume Uni).



Les effets devastateurs du Shark finning et du commerce de la soupe d'ailerons sur toute les populations de requins. Shark fin soup kills (Juillet 2007 / Chine).



Ci-dessus, un 'warning sign' sur le bassin aux requins (taureau) du 2 Oceans Aquarium de Cape Town, alertant de la présence de prédateurs. Sauf qu'il est imprimé à l'envers... Et au visiteur de comprendre que le message est destiné aux squales, les alertant de la précense des dangereux prédateurs que nous sommes.

Puis plus loin, ce cartel, toujours nous concernant.

 
(Fevrier 2009 / Client: Save our Seas Foundation, Two Oceans Aquarium. Afrique du Sud).

03 novembre 2011

Les Shark Spotters de Cape Town


Un Shark Spotter en poste à Fish Hoek - photo © Alison Kock / Save Our Seas

C'est notre 100eme post... et cela fait déjà un bon moment que j'avais prévu de vous parler des Shark Spotters, les "guetteurs de requins" déjà mentionnés maintes fois dans ce blog, et du déplacement des grands requins blancs inshore (près des côtes) à certains moments de l'année en Afrique du Sud.

Mais les événements liés aux requins cet été nous ont pris de court ici à Shark Alley. Le "débat" à la Réunion ayant réclamé le devant de la scène, nous avons du reporter la rédaction d'articles présentant cette structure... unique au monde. C'est pourquoi nos prochains posts vont s'y consacrer... d'autant que les Shark Spotters ont été (re)propulsés sur le devant médiatique il y a un mois avec un accident pour le moins hors norme à Fish Hoek près de Cape Town (nous y reviendrons dans un prochain post).

L'idée de surveiller les plages face au danger que peuvent représenter des requins, (ou de tout autre danger naturel lié à l'océan) ne date evidemment pas d'hier, et les Shark Spotters auraient pu en rester là, à du simple spotting. Mais quand on y regarde de plus près, on peut voir que ce programme va bien plus loin et qu'il se distingue en associant prévention, surveillance et sécurité avec éducation, sensibilisation et recherche.... un programme pensé sur le long terme.


Muizenberg, vue du point d'observation des Shark Spotters (août 2011)

Les débuts.

Le Shark Spotting sur les plages de Cape Town est né en 2004, à la suite de deux accidents : l'un à Muizenberg Beach où un jeune surfer faillit perdre la vie, mordu gravement à la jambe par un grand requin blanc et l'autre à Fish Hoek, ou une nageuse a péri en novembre 2004.

Les mois qui ont suivi l'événement ont laissé le Surfer's corner, le célèbre spot de Muizenberg, quasi vide de sa faune habituelle d'amateurs de surf et de baigneurs occasionnels. Les quelques "gardiens de voitures" (un job d'appoint largement répandu en Afrique du Sud) ont également accusé le coup, se retrouvant en chômage technique.

Face à cette baisse de fréquentation, certains de ces "car guards" se sont organisés en une sorte de mini-réseau de surveillance. Postés sur les hauteurs des montagnes avoisinantes, munis de jumelles, ils avertissaient par téléphone le Surf-shop local en cas d'approche d'une ombre suspecte aux abords de la plage, permettant ainsi d'avertir les surfeurs à l'eau.

Ce système s'est développé avec le soutien d'une personnalité locale, Greg Bertish, et de quelques surfeurs, qui ont permis l'achat de matériel (radio, jumelles et lunettes), l'installation d'une alarme et l'implémentation d'un système de drapeaux, améliorant ainsi cette surveillance lors de compétitions de surf. Quelques pêcheurs de Fish Hoek se sont également impliqués en reportant les signalements de requins.

Plage de Muizenberg, première signalétique d'avant 2010.

Le système s'avérant efficace, la ville de Cape Town, le WWF South Africa et divers acteurs locaux se sont rapidement investis dans le programme apportant des fonds pour son financement et son développement sur d'autres plages le long de la côte.

Les Shark Spotters sont maintenant présents sur 6 sites, dont 4 en permanence (Muizenberg, St James, Fish Hoek, Noordhoek). La structure est coordonnée par le Kommetjie Environmental Awareness Group (KEAG), en association avec le Save Our Seas Shark Centre basé à St James/Kalk Bay, le Marine and Coastal Management (MCM) et l'Université De Cape Town. 



Le fonctionnement.

Les spotters sont postés à des points stratégiques en hauteur, équipés de jumelles et de lunettes polarisées, ils scrutent l'océan et sont en contact radio permanent avec un autre spotter sur la plage.

Si un requin est aperçu, le guêteur alerte aussitôt son confrère sur la plage. Celui ci, en coopération avec les lifeguards (l'équivalent des MNS) décideront de la suite des opérations. Si le requin se rapproche trop près du rivage, l'alerte est donnée, la sirène retentit et le drapeau blanc est hissé. Tout le monde se doit de sortir de l'eau jusqu'à nouvelle instruction.

Le système de drapeaux
V
ert : Bonnes conditions d'observations. Pas de requin en vue.
Noir : Mauvaises conditions d'observations. Pas de requin en vue.
Rouge : Alerte maximale. Un requin a été observé dans les 2 dernières heures / risque élevé de présence de requin.
Blanc : Présence d'un requin. Personne ne doit entrer dans l'eau.

L'alerte est levée dès que le squale repart vers le large. Le drapeau rouge est alors hissé, signifiant qu'un requin a été aperçu durant les deux dernières heures.

Pour chaque observation de requins (et également pour les autres événements marins notables, baleines, dauphins etc...) une série de datas est dûment annotée par le guetteur; (date, heure, position géographique de l'animal, parcours, durée de l'observation, température de l'eau etc...) alimentant une base de donnée collectée par les scientifiques du Save Our Seas Shark Centre engagés sur un programme d'étude à long terme sur les requins blancs de False Bay. 

Le public peut également participer au programme en reportant le signalement d'un requin aux Shark Spotters via le web (sur leur site http://sharkspotters.org.za, sur leur facebook ou twitter) ou par téléphone.

Depuis 2010, la signalétique a été améliorée. Tous les drapeaux possèdent dorénavant la silhouette d'un requin pour bien les différencier des signalétiques habituelles, et des panneaux aux abords des plages informent le public et usagers des conditions du jour sur le site. Un marquage "high risk area" a également été mis en place aux endroits sensibles, tel Jaggers Walk à Fish Hoek.


Un système efficient.

L'effectif des Shark Spotters est constitué d'une vingtaine de personnes, se relayant 7 jours sur 7 pour effectuer cette surveillance. Depuis 2004, les spotters estiment qu'une centaine de grands requins blancs ont été ainsi repérés chaque année en moyenne.

Bien que les requins blancs soient présents tout au long de l'année autour de la péninsule du Cap, les observations sont plus nombreuses, quasi quotidiennes, lors du "pic saisonnier", une période fluctuante selon les années, qui va de septembre à février. A False Bay, les requins abandonnent alors peu à peu Seal Island, leur terrain de chasse, pour se disperser, et certains se rapprochent plus près des côtes. Ces déplacements sont un phénomène encore mal connu d'où l'importance du travail des Shark Spotters pour l'étude de ce comportement. 

La présence de requins blancs aux abords des plages de False Bay ne provoque plus l'hystérie, on a pu s'en rendre compte lors de notre passage dans la région en août dernier. Les Sud africains du Cap semblent avoir intégré la nécessité d'un partage équilibré (et écologiquement viable) de l'océan avec ses habitants.

Et même s'il est encore perfectible, le programme des Shark Spotters de Cape Town est à ce jour une des meilleures méthodes non-intrusive - la voie sage en quelque sorte - qui permet une cohabitation relativement sereine entre hommes et requins.

le site web des Shark Spotters : http://sharkspotters.org.za


Muizenberg, 20 août 2011.


Fish Hoek, 20 août 2011. Dernier requin blanc "spotté", le 4 août à 9h.







Muizenberg, 21 août 2011. 

23 octobre 2011

Capture illégale (de trop) d'un grand requin blanc à Mossel Bay



Le 11 avril 1991, l'Afrique du Sud a été le premier pays au monde à instaurer une protection pour les grands requins blancs, et à ce jour, il est toujours formellement interdit de pêcher, déranger, pourchasser ou d'attirer des requins blancs sans autorisation ou permis.


Cependant il semblerait qu'un laxisme certain se soit installé quand à l'application de cette réglementation. Pour preuve ce qui s'est passé le week-end dernier à Mossel Bay (Afrique du Sud).

C'est Oceans Research qui a révélé l'affaire. Vous vous rappellez sans doute l'étonnante histoire de ce requin blanc sautant dans leur bateau de recherche en juillet dernier. Les scientifiques Ryan Johnson et Enrico Gennari d'Oceans Research avait mis tout en oeuvre pour sauver et libérer ce requin. À nouveau, les deux hommes ont peut-être permis à un jeune requin blanc d'échapper à un triste sort... et par la même occasion, relancent le débat d'une protection plus effective du grand requin blanc en Afrique du Sud.


Voici le déroulement des événements d'après le communiqué de presse d'Oceans Research :

Le vendredi 14 octobre 2011, Oceans Research est averti par appel téléphonique : à Beacon Point, un pêcheur est en train d'attraper un grand requin blanc et de le remonter sur les rochers.



Ryan Johnson se rend donc sur les lieux. Sur place, le requin est toujours hors de son élément et le pêcheur ne fait visiblement aucun effort pour le remettre à l'eau. Mieux, quelques minutes auparavant, il posait pour quelques clichés avec le requin à ses côtés.

En Afrique du Sud, la loi est pourtant claire, aucune prise de grand blanc n'est permise. Et dans le cas d'une prise accidentelle par pêche, le requin doit être immédiatement libéré (ligne coupée si il le faut). 

Le ton monte entre Johnson et le pêcheur. Celui-ci est dûment averti de son infraction, mais l'urgence est d'abord de remettre le requin à l'eau.

De son côté, Enrico Gennari a tout de suite pris contact avec l'antenne locale du DAFF (Department of Forestry and Fisheries), dont les bureaux sont à moins d'un kilomètre de Beacon Point. Le DAFF assure au chercheur qu'il va se rendre sur les lieux pour constater la situation.

À Beacon Point, Johnson, finalement assisté d'une autre personne et du pêcheur, arrive à faire basculer le requin et à le remettre à l'eau (photo ci dessous). Cette femelle requin blanc de deux mètres finit tant bien que mal par se retourner, et après s'être heurtée à nouveau au rochers, elle reprend la direction du large et disparaît...

Mais rien n'est moins sûr quant à sa survie.

Enrico Gennari le précise : le pêcheur et ses fils ont mis plus d'une heure à remonter le requin sur les rochers pour pouvoir prendre leur photo. Quand ils ont compris qu'il n'y arriverait pas en tirant sur la ligne, ils ont attrapé et tiré le requin par les branchies pour le hisser sur les rochers, lui infligeant des dommages probablement irréparables.

Le pêcheur, Leon Bekker, savait-il que cette pêche était illégale? Sa réponse : "Et alors? Tout le monde fait des trucs illégaux, où est le problème?".

Et tandis que Bekker remballe son équipement (un kayak, vraisemblablement utilisé pour placer des appâts massifs, et du matériel de pêche au gros, ce qui ne laisse guère de doutes quand à ses intentions du jour), Ryan Johnson attends l'agent du DAFF.

20 minutes plus tard, il est clair qu'il est trop tard pour constater une infraction ou quoi que ce soit d'autre. L'agent du DAFF ne s'est pas présenté et reste injoignable.

Depuis lundi dernier, quelques photos récoltées par Oceans Research ont étés rendues publiques (certaines sont reproduites ici). L'affaire est relayée par la presse, le Cape Times en a même fait sa une, et les réactions d'indignations ne tardent pas.

Après avoir nié les faits puis menacé Johnson de diffamation, Bekker, réalisant sa situation, s'est étalé en excuses vaseuses, soutenant que "le requin s'est échoué tout seul sur les rochers", que lui même n'est qu'un "novice dans la pêche au requin"... ou qu'il ne sait pas vraiment reconnaitre un grand requin blanc.

La vérité est que l'homme n'est pas à son coup d'essai.

Pour preuve les quelques autres photos, accrochées au mur d'une boutique de pêche de George (ville de résidence de Bekker), et qui ont rejoint le dossier accablant. Ces photos montrent Bekker posant avec pas moins de douze grand requins blancs différents. Pas mal pour un novice.

Bien heureusement, de nombreux clubs de pêche sportive pratiquent une pêche "responsable" et légale, mais l'augmentation de la "pêche sportive au requin" a entraîné une augmentation dans le ciblage des grands requins blancs, pourtant protégés.

Et il y a bien eu quelques antécédents, observations à l'appui, de captures illégales. Les membres d'Oceans Research l'ont constaté durant les quatre dernières années à Mossel Bay. En période de week-ends prolongés, ou de jours fériés, des pêcheurs de Cape Town ou d'autres villes débarquent avec leur attirail de pêche dernier cri, et kits spécial requin, sur les spots connus pour être fréquentés par les grands blancs. La pêche était discrète, le soir ou tôt le matin.
 
Même si les contrevenants sont passible d'une amende de 50 000 Rands (5 000 euros) et d'une peine de prison de deux ans, sur les affaires portés à la connaissance des institutions concernées, aucune n'a aboutie.

En clair, jusqu'à maintenant, personne n'a été inquiété pour pêche illégale de grands requins blanc en Afrique du Sud.

Ryan Johnson est conscient des failles de la législation. Il suffit pour un pêcheur d'affirmer après coup qu'il ne ciblait pas un grand requin blanc pour que les poursuites n'aboutissent pas. Et même si celui ci se vante (officieusement) de cibler les grands blancs sur les réseaux sociaux, même s'il possède tout le matériel pour capturer de gros requins, même s'il se trouve sur un site ou il est de notoriété que les grands requins blancs croisent, le fait est que "l'intention" (de pêcher un grand requin blanc) n'est pas un motif suffisant pour obtenir une condamnation de ces pêcheurs.

Il observe également que "malgré la loi stipulant que les pêcheurs doivent couper la ligne quand l'identification d'un requin blanc est avérée, il ne le font pas, prétextant qu'il est plus responsable de remonter le requin pour lui retirer l'hameçon avant de le relâcher (après avoir pris tout un tas de photos) - une excuse très commode pour ces pêcheurs délinquants.

Le cas Bekker est maintenant porté en justice. 14 grands requins blancs (au minimum) ont fait les frais de ce seul pêcheur. Les autorités Sud Africaines sauront-elles agir cette fois ci ?


lire le communiqué de presse (en anglais) d'Oceans Research sur www.wavescape.co.za/white-shark-denial.html

lire les articles du Cape Times du 17 octobre et du 19 octobre

09 octobre 2011

Shark Alliance: Semaine européenne pour les requins 2011

Tout comme l'année dernière (et les 3 autres années auparavant), Shark Alliance organise la SEMAINE EUROPEENE POUR LES REQUINS qui se déroulera du 18 au 23 octobre 2011 dans plusieurs pays d'Europe.



Pour la France, l'inauguration aura lieu le dimanche 16 octobre 2011 à l'Aquarium de La Rochelle à partir de 14h30, avec au programme :

- "Requins: pour quelques nageoires de trop" une exposition photo de Pascal Deynat.

- "Face à face avec le grand blanc" une expostion photo de Patrice Héraud dont le livre "Le Grand Requin Blanc, du mythe à la réalité" vient de sortir (voir ce post).

- 15h00 / Diffusion du film Sharkwater (Les seigneurs de la mer) de Rob Stewart.

- 16h50 / Débat sur les requins animé par Bernard Séret, chercheur à l’IRD et Patrice Héraud.




l'Aquarium Mare Nostrum de Montpellier proposera durant la semaine plusieurs rendez-vous dont :

Samedi 15 octobre 14h / "Le grand requin blanc" rencontre avec le photographe Patrice Héraud autour de son livre.

Mardi 18 octobre 19h / "Requins sous haute surveillance", projection du film de Christian Pétron (52 min), suivie de l'Expédition Mare Nostrum, sanctuaire de Malpelo en Colombie, visioconférence avec Stanislas Teuillaud, coordinateur de projet à la fondation Malpelo.

Jeudi 20 octobre 19h / "Une mer sans requins !", conférence de Bernard Séret de l'IRD.

programme complet sur www.aquariummarenostrum.fr

 Le Seaquarium du Grau du Roi proposera des expositions photographiques, projections et animations. Programme sur www.seaquarium.fr

L'Aquarium Sealife Paris proposera également des animations durant cette semaine.

Plus d'infos: 
www.semaineeuropeennepourlesrequins.fr
www.sharkalliance.org

07 octobre 2011

La république des îles Marshall protège ses requins !

Les îles Marshall (constituées d'une trentaine d'atolls et d'environ 1100 îles dans l'océan Pacifique) viennent d'annoncer il y a quelques jours la création d'un immense sanctuaire pour les requins, le plus grand de la planète (8 fois la surface du Royaume-Uni).


Dans cette zone la pêche commerciale de requins et la vente de tout produits dérivés du requin sera totalement interdite. Cette réglementation sera accompagnée de lourdes amendes pour les contrevenants.

Après Palau, les Maldives, le Honduras, les Bahamas et Tokelau, les îles Marshall s'engagent donc dans une politique concrète de défense des squales, et cette excellente nouvelle devrait ne pas rester sans suite. En effet, en juin 2011, plusieurs dirigeants micronésiens ont signés une déclaration en vue de la création, à terme, d’un sanctuaire régional couvrant toute la Micronésie et qui pourrait se concrétiser d’ici fin 2012. 

l'article de Tahiti Infos.
→ le communiqué (en anglais) de Pew Environment Group.

13 septembre 2011

Shark Alliance: Pétition 2011

Nouvelle campagne pour Shark Alliance et nouvelle pétition !


Celle-ci appelle à RENFORCER LES DISPOSITIONS pour la PROTECTION DES REQUINS dans les eaux Européennes, à savoir :

► Une interdiction totale de l'enlèvement des nageoires de requins (Shark finning) en mer.

► Des limites de captures pour les requins et les raies sur base des avis scientifiques et du principe de précaution.

► Des mesures de protection européennes et nationales pour les espèces menacées de requins et de raies.


La pétition est ici http://sharkalliancepetition.org

Nous vous encourageons à signer cette pétition en ligne
. Elle sera récoltée fin octobre 2011, et envoyée à vos députés européens, qui pourront peser sur les décisions futures en connaissance de cause.

L'Europe interdit déjà le Shark finning... en théorie, car de nombreuses failles subsistent dans les législations actuelles, permettant notamment aux flottes Espagnoles et Portuguaises de contourner ces mesures, de pêcher sans limite de captures et de continuer à pratiquer le Shark finning en mer.

Alors que par le monde la prise de conscience fait son chemin et que des mesures significatives sont engagées depuis le début de l'année (lois anti-finning - Chili - sanctuaires pour les requins - Bahamas, Honduras...) l'Union Européenne est à la traine concernant la protection de ses requins.

L’Espagne, le Portugal, la France et le Royaume-Uni se classent toujours parmi les 20 premiers pays en terme de captures de requins. Les débarquements cumulés de ces quatre pays placent l’UE en seconde position mondiale, derrière l’Indonésie, pour le volume des captures de requins (source: FAO).

→ plus d'infos concernant cette pétition sur le site de Shark Alliance.

Votre opinion peut faire la différence...


Shark Alliance prépare également la prochaine Semaine européenne pour les Requins (European Shark Week) qui aura lieu du 15 au 23 octobre 2011.

Nous en reparlerons très bientôt.


Pour un peu plus de lecture :

→ documents en français sur le Shark finning et sur les requins de l'UE : http://www.sharkalliance.org/publications.asp?language=2

Sharks fins in Europe, un rapport de Sarah Fowler et Bernard Séret (nov 2010) : http://www.sharkalliance.org/content.asp?did=36607

19 juillet 2011

Un requin blanc de 3 mètres saute sur un bateau de recherche

Les membres de l'équipe d'Oceans Research basée à Mossel Bay (Afrique du Sud), ont eu certainement la surprise de leur vie en voyant attérir sur leur bateau un grand requin blanc de 3 mètres.

Le 18 juillet 2011, Dorien Schroder et son équipe de 6 personnes sont à bord du bateau de recherche le Cheetah depuis le matin. Ils conduisent à leur habitude leur étude sur la dynamique de population, appâtant et récoltant les données sur 4 des requins blancs présents jusque là près de Seal Island.

Le calme était revenu depuis 5 minutes quand :
"J'ai entendu un splash, et j'ai vu du coté du bateau ce requin breacher, passant littéralement au dessus d'un des membres de l'équipe qui s'occupait du chumming à l'arrière" rapporte Schroder.


Le requin de 500kg avait atterri sur des bidons de stockage de carburant et d'appâts à l'arrière. Comme il n'était qu'a moitié sur le bateau, il aurait pu reprendre le chemin de la mer. Mais pris de panique, le requin s'est entièrement hissé à bord et s'est retrouvé coincé, détruisant de l'équipement et sectionnant les câbles de fuel en se débattant.

Une fois l'équipe placé en sécurité à l'avant du bateau, Schroder a immédiatement averti par radio Enrico Gennari et Ryan Johnson, ses confrères du centre. Ceux ci organisèrent une équipe de secours et arrivèrent 15 mns plus tard sur les lieux.

Pendant ce temps, Schroder avait pris soin du squale en arrosant continuellement ses branchies pour le ventiler. Une fois l'équipe de Gennari et Johnson en place, ils tentèrent au mieux d'aider le requin a regagner la mer dans de bonnes conditions. Attachant une corde à sa queue et l'autre extrémité au bateau de secours, le Lamnidae, ils espéraient ainsi remorquer le squale jusqu'à son élément. Mais l'opération échoua par deux fois. L'équipe du finalement se résigner à remorquer le Cheetah et son passager clandestin jusqu'au port de Mossel Bay.

Une fois au port, un tuyau d'eau a été immédiatement placé à l'intérieur de la bouche du requin pour le ventiler. Puis un délicat dispositif fut mis en place : grâce à une grue, le requin allait être soulevé par la queue (à l'aide d'un gros crochet et de la corde entourant la queue du requin) et déposé dans les eaux du port. Le système fonctionna. Dès qu'il a touché l'eau le requin a instantanément repris de la vigueur et Johnson et Gennari ont du couper rapidement les cordes. Et le squale s'éloigna vers l'embouchure du port.


Malheureusement, et visiblement incapable de s'orienter, le requin blanc s'échoua 30 mins plus tard sur un coin de plage à l'intérieur du port. L'équipe d'Oceans Research tenta à nouveau son possible, cette fois en accompagnant dans l'eau le squale pour le réorienter vers le large, mais à nouveau celui ci retournait vers le rivage.

L'équipe de scientifiques décide alors de remorquer le requin avec le Lamnidae en se servant des cordes attachées à la fois à la queue et derrière les nageoires pectorales, et en prenant soin de garder la tête du requin inclinée afin de ventiler ses branchies correctement.

Finalement à environ un kilomètre du port le requin retrouva ses esprits, les cordes furent coupées et le Carcharias, de nouveau opérationnel, regagna vigoureusement son territoire. 

→ lire toute l'histoire (en anglais) sur http://oceans-research-blog.blogspot.com
→ les photos de la NSRI (National Sea Rescue Institute)

Un grand requin blanc sautant sur un bateau, ce n'est pas une première. D'anciens récits de marins ou d'expéditions ont déjà relaté ce fait, pas encore très bien compris des scientifiques. Est-ce un hasard? une erreur? ou sautent-ils pour éviter un congénère?... les hypothèses restent ouvertes. Mais il est arrivé quelquefois que de grands requins blancs, toujours très curieux et inquisiteurs, aient coulé de petites embarcations de cette manière.

Une histoire similaire est arrivé en février 2008, quand un requin blanc s'est retrouvé sur le pont d'un bateau de touristes en Afrique du Sud. On le voit sur cette video, le requin est coincé par un petit taquet mais réussi néanmoins à retourner à l'eau quelques secondes plus tard.

photos © oceans research

06 juillet 2011

Les requins sont dorénavant protégés aux Bahamas!

Une très bonne nouvelle est tombée hier :
l'archipel des Bahamas a voté une loi interdisant la pêche au requin dans les eaux territoriales de l'archipel, et l'exploitation (import, export et vente) de produits dérivés du requin.


L'interdit s'applique à quelque 630 000 kilomètres carrés d'océan autour de l'archipel, où on retrouve une des populations de requins les plus diversifiées de la planète (une quarantaine d'espèces y sont présente). Les amendes pour une capture illégale de requin ont été gonflées, passant de $3000 à $5000.

C'est notamment grâce aux actions de l'association américaine Pew Environment Group et du Bahamas National Trust ainsi qu'a la mobilisation et l'engagement de nombreux particuliers que cette loi prend acte.

Le Bahamas rejoint donc l'archipel de Palau (Pacifique), les Maldives et le Honduras qui ont complétement banni la pêche au requin, permettant l'établissement dans leurs eaux de sanctuaires pour ceux-ci.

→ lire le communiqué de presse (en anglais) de Pew Environment Group.

06 juin 2011

La France va tagguer des requins taupes

Une planche ancienne représentant un requin taupe, à l'epoque ou il s'appellait Lamna corbunica.

Des balises Argos vont équiper d'ici peu quelques spécimens de requins taupes nous indique cette chronique de France Info. Ceci permettra de les suivre par satellite pendant une année et d'en apprendre un peu plus sur leur déplacements. C'est Bernard Séret, spécialiste des requins à l'IRD, qui dirigera l'opération.

Depuis décembre 2009, l’Europe a fixé un quota zéro pour la pêche au requin taupe. Zéro, cela revient à interdire le prélèvement de cette espèce. Une seule pêcherie ciblait le requin taupe, à l’Ile d’Yeu et les pêcheurs contestent la décision. Ils estiment que la population n’est pas en danger et qu’elle peut supporter la pression de pêche.

L'article ne précise pas quel type de requin taupe sera ciblé (il y en a quatre dans la famille des taupes, dont le Requin Mako), mais il est probable que l'on parle ici du Requin Taupe Commun (Lamna nasus) aussi connu sous le nom de maraîche ou veau de mer. C'est une espèce coutumière des côtes françaises qui peut atteindre 3,5m.

Même si les pêcheurs affirment que sa population n'est pas mise en danger, le Lamna nasus est classé vulnérable sur la liste de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), et en danger critique en Méditerranée et en Atlantique nord du fait de sa surexploitation.

Les requins taupes font partie de la famille des Lamnidés. Ce sont donc de proches parents des grands requins blancs; un ventre blanc laiteux, de grandes fentes branchiales et dos bleu-gris. Il arrive d'ailleurs qu'on les confonde encore fréquemment. Mais la forme du museau, l'oeil et le profilage des dents permettent de les identifier assez facilement.

→ l'interview audio de Bernard Séret sur www.france-info.com

→ un reportage en français sur les requins taupes taggués au canada sur le site Pêche et Océans Canada du gouvernement Canadien.
→ une page en anglais sur les Lamnidés et leur caractéristiques physique.

Photo: Un Lamna nasus qui n'en demandait pas tant (Thierry Creux - Ouest France).

05 juin 2011

Le Smart Hook, l'hameçon anti requin

ENFIN une solution pour diminuer les prises accidentelles de requins?

Selon ce récent article de Live Science, des scientifiques ont récemment développé un nouveau type d'hameçon, le Smart Hook (Selective Magnetic and Repellent-Treated Hook) combinant 2 technologies: le magnétisme et du métal galvanique "repoussant". Les requins étant sensibles aux champs électromagnétiques grâce à leur capteurs situés sur le museau (les fameuses ampoules de Lorenzini), cet hameçon "intelligent" devrait donc dissuader ceux-ci de mordre aux appâts.

En 2010, une équipe de scientifiques de Floride et Patrick Rice, chercheur à Shark Defense, ont réalisé une cinquantaine de tests sur 2 groupes de requins-marteaux tiburo, et ont observés une baisse significative de prise d'appât par les squales : de -66% sur les appâts équipés de smart hook de petite taille, et de -94% sur ceux de grande taille.

Ce sont donc des résultats très encourageants. Auparavant, la technologie utilisée par ces smart hook avait déjà permis une réduction de 18 à 68% selon les lieux et l'espèce de requin concernée.

→ l'article original en anglais sur www.livescience.com

18 février 2011

Sea Shepherd et Captain Paul Watson



Sur cet extrait du reportage "Les insurgés de la terre" diffusé sur Arte la semaine dernière, Paul Watson, le controversé charismatique fondateur de Sea Shepherd y expose brievement ses convictions et le pourquoi de son engagement.

Sea Shepherd est principalement connue comme étant défenseur des cétacés, mais l'organisation est aussi impliquée dans la défense des requins, par des actions anti shark-finning notamment. Paul Watson était d'ailleurs finalement le protagoniste principal du documentaire Sharkwater de Rob Stewart ("Les seigneurs de la Mer" en français).


30 novembre 2010

SOS: Save Our Sharks


La raison du pourquoi de la sauvegarde des requins expliqué en 1 minute... (en anglais).

23 octobre 2010

La Semaine pour les Requins... à l'Institut Océanographique.

Petit tour en images à l'Institut Océanographique de Paris à l'occasion du lancement de la Semaine Européenne pour les requins.

Un petit aperçu de l'expo photo sur le Shark fining.


Après la projection du film Méditerranée, requiem pour les requins la conférence animée par Bernard Séret prend place dans le grand amphithéâtre de l'Institut.


L'exploitation des requins: état des lieux.
Cette conférence a abordée divers sujets dont la biodiversité (on continue a répertorier de nouvelles espèces de requins), l'état des stocks et les différents produits dérivés du requin (dont bien sûr les ailerons et leurs caractéristiques).

Quelques chiffres de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) concernant les prises:
Production "officielle": 800 000 tonnes.
Estimation de la production totale: 1,6 millions de tonnes (soit 26 à 73 millions de requins)
Estimation de la prise pour les ailerons: 390 000 tonnes (estimation haute: 600 000 tonnes).

Seulement une trentaine de population de requins a été évaluée quantitativement (18 espèces), dont 1/3 est surexploitée, 1/3 dont le statut est incertain, 1/3 est au maximum de leur production.

20 pays seulement ont des plans d'action pour la gestion et la conservation des requins (l'Europe depuis seulement février 2009 !).

Les ailerons de requins nettoyés (débarrassés de la peau et du cartilage).

Dans ce bocal, bien conservé, la chair d'un aileron de requin.


Pascal Deynat, en discussion avec des auditrices. Sur la table sont exposés les ailerons: en haut à droite de la photo figurent deux pectorales (requin bleu?) et une dorsale. En dessous, une nageoire dorsale bien plus grande. On peut y voir très nettement la découpe du cartilage.
Dans la boite rouge, deux canettes de soupe d'ailerons... achetés à Paris.

07 octobre 2010

La Semaine pour les Requins 2010: Lancement!



La Semaine débutera le samedi 9 octobre 2010. Au programme de samedi à l’Institut Océanographique de Paris dès 14h30:

- Exposition photo "Requins: pour quelques nageoires de trop" présentée par Pascal Deynat auteur du livre Identification des nageoires de requin sorti récemment aux éditions Quae. Expo du 7 au 29 octobre 2010. Plus d'infos ici.

- Exposition de nageoires de requins: de la mer à la table.

15h15 / Lancement de la quatrième Semaine Européenne pour les Requins.

15h30 / Projection du film de Stéphane Granzotto: Méditerranée, requiem pour les requins (52'). Extrait ici.

16h30 / "L’exploitation des requins: état des lieux", conférence de Bernard Séret, spécialiste des requins à l’IRD-Musée National d'Histoire Naturelle.

17h30 / Questions et signature des cartes aux députés européens.

195 rue Saint-Jacques
75005 Paris.


Le but de cet événement, outre l’information, est de récolter un maximum de cartes signées par des citoyens qui s’engagent pour la cause des requins. Ces cartes seront ensuite adressées aux députés européens pour les convaincre de signer la Déclaration écrite demandant à l’Union Européenne d’interdire purement et simplement le finning (la découpe des ailerons) à bord de tous les navires européens.

Aujourd’hui, un tiers des populations de requins d’Europe sont menacés d’extinction. En 2009 un plan d’action européen pour les requins a finalement été publié par la Commission européenne. Un des premiers engagements de ce plan était de renforcer l’interdiction du finning.

Cet engagement DOIT se concrétiser!

Plus d'infos: 
www.semaineeuropeennepourlesrequins.fr
www.sharkalliance.org