06 mai 2013

Le Grand Requin Blanc 3D


GREAT WHITE SHARK 3D - un nouveau documentaire à propos du Carcharodon carcharias, le "prédateur dont nous aimons avoir peur". 

Nous sommes curieux de voir si son seul intérêt est d'être un film 3D ou si il arrivera à se démarquer des productions récentes (qui rabâchent un peu toujours les mêmes choses, il faut bien l'avouer). Le film a été tourné en Afrique du Sud, Nouvelle Zélande, Californie et Mexique avec un casting de choix : Mike Rutzen, Chris Lowe, Frédéric Buyle, William Winram entre autre...



Le film sera diffusé à partir du 24 mai 2013 aux USA et les Québecois pourront le voir dès le 31 mai à Montréal.

Site web : http://greatwhiteshark3d.com

05 mai 2013

Les attaques de Requins (3/3) : reclassification ?


Avalon Beach, Sydney en mars 2009. Photo © Ian Waldie.


Devrait-on parler d'attaque quand il est question de requin ?

Depuis nombre d'années c'est bien le terme d'attaque qui reste le plus utilisé dans les médias et pour le public pour qualifier tout type d'interactions entre homme et requins, que ce soit de la simple éraflure à la morsure grave.

Cet état de fait a conduit Christopher Neff (chercheur à l'Université de Sydney) et le biologiste marin Robert Hueter (Floride) a remettre ce débat sur la table en janvier dernier avec la publication de leur article Shark "attack" : a proposal for reclassifying human–shark interactions.

Une proposition qui mérite qu'on s'y intéresse. Et il est vrai que l'emploi d'une terminologie juste et adaptée est devenue une question essentielle tant elle conditionne et façonne la manière dont nous percevons les requins.

L'article revient en premier sur l'aspect historique ; les connaissances scientifiques à propos des requins sont restées relativement embryonnaires jusqu'au XXeme siècle (les squales réputés dangereux ne sont présents qu'en zone tropicale, disait-on jadis). Les écrits d'explorateurs ou de spécialistes n'offrent guère alors d'alternative à la réputation du requin. Et à l'instar du tigre à la même époque, c'est sur cette seule réputation qu'est né et a perduré le concept de man eater - le mangeur d'homme - qui a collé aux grands requins (blancs notamment).


 La menace du requin mangeur d'homme. En-tête d'un long article paru le 23 février 1924 dans le journal Australien The Mail.


A l'aube de l'exploration sous marine et avec l'accroissement de la présence humaine sur les côtes, les choses s'amplifient. Hommes et requins sont amenés à se côtoyer de plus en plus, et parfois au détriment du premier. En Australie principalement, la presse commence à s'y intéresser de plus en plus. Autrefois plutôt qualifiés d'accidents dans la rubrique faits-divers, les "attaques" vont finir par s'installer en première page.


Quelques unes fracassantes en Australie dans les années 1960. Source The John Harding Files


Même s'il n'en est bien évidement pas l'inventeur, c'est Victor M. Coppleson qui est désigné comme principal responsable de la déviance sémantique du terme Shark Attack.

Coppleson (1893-1965), chirurgien australien, a en effet écrit dès les années 1930-40 de nombreux articles sur le péril requin, dont on retrouve la synthèse dans son livre... Shark Attack (1958). On lui doit l'invention du rogue shark, un requin mangeur d'homme récidiviste, bien pratique pour expliquer les morsures de requins. Pour Coppleson, si un requin vous mord c'est sans équivoque : c'est un requin de type rogue qui a developpé un goût pour la chair humaine (et qui en redemandera). Les requins non-rogue quant à eux se comportent "normalement", et ne vous mordront donc pas.

Et je cite les auteurs qui citent Coppleson : "la présence continuelle de requins mangeurs d'hommes, des attaques en série, qui cessent une fois qu'un individu particulier est capturé, suggère qu'un requin - et non pas plusieurs - est coupable. Cela suppose la présence d'un requin (a vicious shark) patrouillant une certaine zone de la côte, d'une rivière, ou d'un port, pendant de longues périodes". Coppleson concluant par : "un tel requin doit être chassé jusqu'à être éliminé".

Et cette théorie sans réel crédit scientifique perdure encore tristement aujourd'hui.

Neff et Hueter soulignent ce basculement : d'un "accident" on passe donc à l'idée d'une agression délibérée et inconditionnelle par un requin (supposé rogue), qui devient de facto un criminel.


Un article de Victor Coppleson pour le Sunday Mail du 3 décembre 1950.


L'Australie et l'Afrique du Sud notamment retiendront bien la leçon. Il en résultera des actions abruptes ou des représailles absurdes. Exemple ? En 1958, suite à ce qu'on appellera le "black december" (cinq accidents mortels à Durban, Afrique du Sud en 5 mois), la ville fait appel à un bateau de la marine sud-africaine pour intervenir. Le concept est radical : un nettoyage à la bombe. La Navy fera exploser une soixantaine de charges sous-marines le long des côtes de Durban. Bilan : huit requins tués, un carnage pour la faune, et l'arrivée de nouveaux squales attirés par la quantité de poissons morts. La pose de filets (calquée sur le modèle australien) viendra juste après, accompagnée par la naissance d'une structure; le Natal Anti Shark Board, encore actif aujourd'hui.

Filets anti-requins, tournois de pêche, chasse et prélévements. Désormais dans l'esprit du public et jusqu'au paroxysme du phénomenal Jaws, un bon requin est un requin mort. Du lynchage en réponse à un acte jugé "criminel" en quelque sorte (une logique qui a encore cours de nos jours dans certains endroits du monde).

Après cet inventaire socio-culturel, l'article de Neff et Hueter étudie donc les différentes options. Clairement le terme "attaque" est pour eux devenu obsolète, et il n'est plus viable de traiter deux événements aussi différents qu'un "kayak inspecté par un requin" et la "morsure fatale d'un baigneur par un requin blanc" de la même manière.

La réflexion sur une terminologie plus adaptée ne date pas d'hier ; certains chercheurs et scientifiques avaient auparavant déjà préconisé l'utilisation de "morsure" au lieu d'attaque. Mais ici, les deux hommes proposent 4 nouvelles catégories pour qualifier les interactions hommes-requins :

Shark sighting - Close to people but no physical contact
Présence d'un requin - proche mais sans contact physique.

Shark encounter - No human injury but surfboard or boat damage
Rencontre (à défaut d'une meilleure traduction) avec un requin - pas de blessures mais embarcation ou surf endommagé.

Shark bite - A non-fatal bite by a small or large shark.
Morsure de requin - morsure non mortelle par un petit ou gros requin.

Fatal shark bite - One or more bites causing death.  
Morsure de requin mortelle - une ou plusieurs morsures entrainant la mort.

Outre une hiérarchisation passant par une classification plus scientifique, les deux chercheurs estiment que ces 4 propositions fournissent une description plus objective qui pourraient permettre au public d'évaluer plus précisément le niveau de risque. Elles se focalisent sur les conséquences plutôt que sur l'intention qui, dans la plupart des cas, n'est jamais réellement connue.

En proposant deux exemples commentés (sur des données existantes pour l'Australie et la Floride), la nouvelle reclassification met en relief le faible taux de mortalité résultant de ces interactions. Elle montre aussi qu'une rencontre avec un requin ne se termine pas forcément avec des blessures.

Sortir de l'ère post-Jaws ; voilà le motto de Neff et Hueter, qui envisagent leur proposition comme un "appel envers les scientifiques, les autorités et le monde médiatique pour reconsidérer leur discours à propos des requins dans le but d'améliorer les informations données au public".


→ l'article de Christopher Neff et Robert Hueter dans son intégralité
→ l'article du guardian à ce sujet.
→ reportage video et interview de Christopher Neff sur theage.com.au



Epilogue. 

En 1947 (soit 11 ans avant la parution du bouquin de Coppleson), paraissait chez Gallimard "La vie des requins" du naturaliste français Paul Budker (1900-1992) un des premiers ouvrage d'envergure à propos des squales. Budker consacre un chapitre entier sur les "mangeurs d'hommes" dans lequel il se montre tout à fait clairvoyant pour l'époque :

"Il est évidemment absurde de soutenir qu'un animal capable d'avaler une peau de buffle, ou de s'attaquer à un phoque, un marsouin ou un espadon, ne puisse pas occasionnellement saisir un homme dans l'eau. Par contre il serait tout aussi saugrenu de croire que certains requins se repaissent de chair humaine de préférence à tout autre aliment, et qu'ils en font leur régime de prédilection; car ce régime se terminerait promptement par l'inanition; les occasions de consommer l'Homo sapiens sont en somme assez rares et un Carcharodon de plusieurs centaines de kilogs en exigerait quotidiennement une quantité dépassant largement les possibilités de l'offre... L'anthropophagie ne peut être pour les requins, qu'un complément accidentel résultant d'une circonstance fortuite".

Même si l'on peut énumérer quelques théories et suppositions, il reste difficile de comprendre ce qui motive une morsure de requin envers les bipèdes mammifères que nous sommes. Le sujet est vaste et l'on ne l'abordera pas en détail ici. Mais disons quand même que chaque accident devrait être examiné selon ses particularités, étroitement liées au milieu, aux conditions et à l'espèce de requin impliquée.

C'est d'ailleurs une erreur récurrente d'assimiler toutes les espèces de requins comme étant une seule. De la même manière, il est inexact d'affirmer à tout va qu'"un requin mord parce qu'il confond l'homme avec sa proie". L'hypothèse de la confusion alimentaire ou de la morsure exploratoire (un requin "goute" mais ne mord pas à proprement parler) concerne principalement des accidents impliquant des grands requins blancs. D'autres espèces comme les requins tigres ou bouledogues connaissent d'autres modes opératoires, mordent plusieurs fois dans certains cas... Certains accidents, rarissimes, montrent aussi le signe d'une prédation avérée sur l'homme.

Mais qualifier ce large spectre de situations d"attaques" ne veut plus rien dire. Intégrer les éventuels risques et considérer l'océan tel qu'il est, un territoire sauvage (et mis à mal), devrait tomber sous le sens.

Maintenant nous en connaissons suffisement sur les requins pour stopper de se comporter comme il y a cinquante ans, à l'époque de Coppleson.

08 avril 2013

Les attaques de Requins (2/3) : deux cas filmés



Voici Shannon Ainslie. Lui défie toutes les statistiques.

Le 17 juillet 2000, Shannon, 15 ans, surfe les spots de Nahoon Reef (East London, Afrique du Sud) en compagnie de son frère, quand il est chargé par deux grands requins blancs presque simultanément. Ejecté de sa planche il est mordu à la main, et manque d'être mordu par le second requin. Il s'en sort assez miraculeusement qu'avec de "simples" lacérations à la main.

Et cette scène incroyable a été filmée depuis la plage. 



Encore plus incroyable, deux ans plus tard, Ainslie toujours sur son surf mais cette fois sur un autre spot Sud-Africain est de nouveau heurté par en dessous - un bump sans gravité - alors qu'il est assis sur sa planche... Le requin ira finalement s'en prendre à une autre planche parmi la quarantaine de surfeurs présents ce jour là.

L'histoire d'Heather Boswell est moins chanceuse.

Le 23 mars 1994, le bateau de recherche le Discoverer est en mission au large du Chili. Une partie de l'équipage, dont Heather, profite des conditions météo agréables pour une baignade au milieu de l'océan. Une douzaine de personnes sont à l'eau quand soudain un requin est signalé. La jeune fille sent quelque chose lui mordiller la cheville. Paniquée, elle tente de regagner le bateau à la nage mais le requin blanc revient sur elle. Heather est secourue de justesse mais perdra une partie de sa jambe. L'accident est lui aussi filmé.

Il y a quelques années le National Geographic a choisi ces deux cas, assez différents, mais dont il existe une trace vidéo, pour produire son documentaire : Great White Shark Attacks : True Stories, dans lequel les deux protagonistes témoignent assez longuement. Même s'il n'est pas complètement dénué d'intérêt, ce doc spécule bien trop péniblement sur les différentes raisons conditionnant une attaque sans jamais apporter de réelles réponses. Pour ceux que ça intéressera, il est visible en anglais sur Youtube.

07 avril 2013

Les attaques de Requins (1/3) : quelques chiffres






De 1580 à 2012 : 2569 attaques de requins ont été répertoriées dans le monde, dont 484 mortelles (carte et chiffres de l'ISAF).

Depuis sa création en 1958, l'ISAF, l'International Shark Attack File, recense tous les accidents dus à des requins de par le monde. Initié par l'US Navy, puis par une commission de recherches sur le requin créée par l'American Institute of Biological Sciences (AIBS), ce fichier international est maintenant géré depuis par l'American Elasmobranch Society et le Muséum d'Histoire Naturelle de Floride depuis 1988.

Le Global Shark Attack File et le site internet sharkattackfile.info tiennent aussi des comptes et possèdent une base de données publique en ligne. Sharkattackfile archive toute interaction et incident.... jusqu'aux plus anciennes traces (aujourd'hui 7 avril 2013 nous en sommes à 5286 cas dont 1344 fatals). Divers organismes régionaux de différents pays tiennent également des datas. 

Plage de Vandenberg (Californie), 23 octobre 2012.  Photo DR


Amplifiée et facilitée par internet, la médiatisation à outrance d'une rencontre avec un requin (qu'elle soit anecdotique ou dramatique) est devenue quasi systématique et disproportionnée. Là où avant il fallait des jours voire des mois pour recueillir informations, témoignages ou documents, rien n'échappe dorénavant à la toile médiatique... qui régurgite aussitôt en bloc le meilleur comme le pire.

Avant les années 1950, les accidents dus aux requins étaient bien moins (et plutôt mal) documentés. A part peut-être en Australie, ces "attaques" restaient localement médiatisées, voire pas du tout, ce qui fausse quelque peu les données disponibles pour la première moitié du XXeme siècle. C'est pourquoi nous avons compulsé les données récentes et fiables, c'est à dire depuis l'année 1990 (soit une période de 23 ans), avec l'idée de vous proposer ces quelques graphiques plus bas - les chiffres sont ceux de l'ISAF.

On parle ici d'attaques dites non-provoquées, c'est-à-dire ayant lieu dans l'habitat naturel du requin, sans provocation particulière de la part du nageur/plongeur/surfeur (au contraire de l'attaque provoquée ; le plus souvent lorsqu'on dérange, touche ou manipule l'animal, par exemple lors de pêches, décrochage d'hameçons, prises dans un filet etc...)

Ces attaques non-provoquées vont de la simple éraflure sans aucune gravité à la morsure qui peut entraîner la mort.


Grand Requin Blanc - monde (1990-2012)

1990-1999 : 12 cas mortels.
2000-2009 : 13 cas mortels.

Ces chiffres concernent uniquement le grand requin blanc. Où l'on constate qu'il n'y a pas vraiment de constance; du moins depuis 2000. Les très mauvaises années peuvent se succéder aux moins mauvaises (exemple 2000 comparée à 2001). Quatre années affichent même zéro cas mortel. 2007-2008 ont marqué une accalmie, mais depuis 2010 les chiffres sont remontés jusqu'à atteindre l'an dernier le niveau de 2004.

Géographiquement, un examen de la carte de l'ISAF couvrant la période 1876-2011 est instructif. En ajoutant les chiffres de l'année dernière, les trois pays les plus concernés (période 1876-2012 donc) sont :

- les USA (98 dont 9 cas mortels)
- l'Afrique du Sud (58 dont 13 cas mortels)
- l'Australie (57 dont 31 cas mortels).















Requins, toutes espèces confondues - monde 1990-2012

1990-1999 : 71 cas mortels.
2000-2009 : 49 cas mortels.

Certes, 2011 et 1993 (et 2000) sont les pires années depuis 23 ans, mais soyons clairs : la soi-disant "recrudescence d'attaques de requins" martelée en force l'année dernière n'existe pas. Et les cas mortels ont marqué une régression durant la décennie 2000. Depuis 2010, le total des chiffres reste élevé, mais déjà 2012 affiche quasiment moitié moins de cas mortels qu'en 2011.

Autre graphique intéressant, la répartition des chiffres par région du monde (toutes espèces de requins confondues) :



source (chiffres ISAF)


Pour compléter, jetons un coup d'oeil aux stats des activités des victimes au moment de l'attaque.

Qui risque le plus ? Statistiquement parlant, c'est un homme d'origine caucasienne, de 14 à 28 ans pratiquant le surf. Depuis 20 ans, les surfeurs sont le groupe de population le plus à risque, du fait notamment du temps passé dans l'eau et du caractère "provocatif" du surf (nage et éclaboussures).

Depuis les années 1960-70 les activités nautiques de toutes sortes se sont diversifiées et popularisées. La population mondiale est passée de 5,2 milliards en 1990 à 7 milliards fin 2011. Et si tous ne se sont pas précipité dans l'océan avec une planche, loin de là, il y a de plus en plus de personnes dans l'eau et de plus en plus longtemps. C'est donc statistiquement imparable, il y aura plus de rencontres possibles avec des requins.

Pour finir en relativisant ces chiffres, voici ce petit classement sobrement intitulé Qui tue le plus dans le règne animal ? (dans le monde entier, par année, en moyenne).



04 avril 2013

François Sarano : pourquoi protéger les requins ?



Deux rencontres avec François Sarano pour sa conférence "Plonger avec le grand requin blanc" sont prévues très bientôt :

- le 10 avril 2013 à Paris à la Maison des Océans, Institut Océanographique de Paris à 19h30 (dans le cadre du cycle de conférences requins de l'Institut).

- le 11 avril 2013 à l'IUT 2 de Grenoble à 19h30.

Ce récent article du Monde nous apprend d'ailleurs que sieur Sarano prépare un nouveau documentaire intitulé "Méditerranée: royaume perdu des requins" qui devrait être diffusé à l'automne sur France 2.

On a hâte de voir ça.

14 mars 2013

Filets anti-requins en place à Fish Hoek

 Un grand requin blanc, Fish Hoek et Jaggers Walk en fond. Photo Chris Fallows - www.apexpredators.com


Vous vous rappelez peut-être de l'accident tragique et stupide de Michael Cohen, transgressant volontairement les alertes des Shark Spotters pour aller piquer une tête dans l'océan ce jour de septembre 2011? (Non? Relisez tout ça ici).

Et bien, l'installation de filets ce mois-ci sur la plage de Fish Hoek est en quelque sorte la conséquence de cet accident. L'impact potentiellement négatif sur le tourisme et la frustration des nageurs de Fish Hoek (la ville a en effet une longue tradition de nage sportive à travers ses clubs) ont eu raison des autorités, jusque là plutôt frileuses quant à ce type d'installations (coûteuses).

Dès mars 2012, dans ce communiqué, la ville de Cape Town avait annoncé son intention de déployer un dispositif de filets (à l'essai) sur une partie de la plage.

Le système choisi : le Shark exclusion nets, c'est-à-dire des filets aux maillages très petits, qui font office de barrière, empêchant tout animal marin de bonne taille de pénétrer à l'intérieur. Bref ça s'apparente à une espèce d'enclos anti-requin.

Directement inspiré d'un système en place sur les plages de Honk Kong depuis 1993, ces filets devraient pouvoir éviter les captures et divers étranglements d'animaux marins - au contraire de ce que l'ont peut voir avec les traditionnels filets anti-requins (appelés Meshing nets ou simplement Shark nets) toujours en place au Kwa-Zulu Natal et en Australie. Ceux-là sont clairement conçus pour réduire les populations de requins (et d'autres espèces marines au passage).

Initialement prévu pour une mise en service en octobre 2012, c'est finalement le 20 février dernier que le permis a été obtenu... et la mise en place semble imminente.



Le dispositif sera présent en saison, apparemment de novembre à mars (c'est pas encore très clair), quand les requins sont plus présents près des côtes. Ils seront mis a l'eau le matin selon les conditions météo et retirés chaque soir. Les Shark Spotters de Fish Hoek ainsi qu'un biologiste marin seront associés au déploiement. Quant au coût, on parle de 73 000 euros annuels.

Le test de ce système aura lieu jusqu'en Janvier 2014.

Si la pose de filets contente le Fish Hoek Surf Lifesaving Club elle ne fait pas pour autant l'unanimité, d'autant que le programme Shark Spotters a quand même prouvé son efficacité préventive sur les plages de False Bay.

Affaire à suivre.


article et dispositif final sur www.scenicsouth.co.za
quelques exemple de Shark exclusion nets en photos


27 janvier 2013

Guadalupe et ses 148 résidents

Isla Guadalupe, Mexique. Depuis 2001, cette île isolée est la destination privilégiée pour observer les requins blancs, durant l'automne, dans des eaux souvent cristallines. Des conditions idéales de tournage.

Voici un mini-reportage tourné en novembre 2011 par Franck Fougère-Gnagni. Et à bord du Islander, le bateau menant l'expédition, se trouvait aussi François Sarano et René Heuzey en tournage pour un futur documentaire...



Le documentaire en question, réalisé par Patrick Masse-Lasseuguette, se nomme Requiem pour un Géant.



Vous pouvez également en lire plus sur la page dédié au film sur le site plongeurs.tv

Dans la première vidéo, François Sarano mentionne 120 grands prédateurs autour de l'île. Depuis janvier 2012, ce chiffre est maintenant porté à 148 spécimens, formellement identifiés, dans la base de données photos des chercheurs.

Comme l'explique le Marine Conservation Science Institute (MCSI), qui poursuit ces études, ce chiffre n'est absolument pas un outil précis pour déterminer la population exacte de requins autour de Guadalupe (qui de toute façon fluctue). Il permet de déterminer un index d'abondance et à définir des tendances années après années.

En attendant, si vous voulez qu'un grand requin blanc porte votre nom, c'est possible, le MCSI vous offre la possibilité de sponsoriser un requin à Guadalupe !

09 janvier 2013

Un cycle de conférences sur les requins en 2013


REQUINS : AU-DELÀ DU MALENTENDU est un nouveau cycle de conférences qui s'étendra tout le long de l'année 2013, à Paris, à l'initiative de l'Institut Océanographique.

Ces rencontres auront lieu le 2e mercredi de chaque mois, à la Maison des Océans (au sein de l'Institut). La parole sera donnée à différents acteurs et activistes des océans, qu’ils soient scientifiques, industriels, associations, navigateurs, plongeurs ou passionnés, qui viendront témoigner de leur actualité et de leur expérience.



Au programme, 8 conférences et des intervenants de qualité.

Coup d'envoi ce soir 9 janvier avec la conférence inaugurale que donnera Robert Calcagno, directeur de l'Institut, dès 19h30. L'entrée est libre et gratuite.

Et pour les mois suivant...

Mercredi 13 février 2013 
DANS LES YEUX DES REQUINS
avec Pierre Frolla, apnéiste, qui explore les mers du globe à la rencontre des requins.

Mercredi 10 avril 2013
PLONGER AVEC LE GRAND REQUIN BLANC
avec François Sarano, fondateur de l'association Longitude 181, conseiller scientifique et co-scénariste du film Océans. Comment rencontrer les requins ? Que nous apprennent ces rencontres sur la vie sauvage, la diversité biologique, et, au-delà, sur nous-mêmes, nos relations avec les autres et notre rapport avec le monde vivant en général ?

Mercredi 12 juin 2013
UNE MER SANS REQUINS !
avec Bernard Séret, de l'IRD, qui reviendra sur la menace qui pèse sur de nombreuses espèces de requins. Peut-on imaginer une mer sans requins ? Quelles seraient les conséquences de leur disparition ? Quelles sont les mesures à prendre avant qu’il ne soit trop tard ?

Mercredi 11 septembre 2013
Projection du film LE MYSTÈRE DES REQUINS BALEINES , primé de nombreuses fois, suivi d'un débat en présence de René Heuzey (réalisateur), Alexis Rosenfeld (photographe sous-marin) et Michel Vély (vétérinaire).

Mercredi 9 octobre 2013
L'ENJEU DE LA PÊCHE DURABLE ET DE LA CONSOMMATION RESPONSABLE
avec Edouard Le Bart, responsable en France du Marine Stewardship Council (MSC), un label international délivré aux pêcheries durables. 

Mercredi 13 novembre 2013
YANN LE SURVIVANT, DÉFENSEUR DES REQUINS - Pourquoi et comment les protéger? 
avec Yann Perras, militant au sein de l'ONG Pew Environment et qui a perdu une jambe suite à la morsure d'un requin au Venezuela en 2003, et Nicole Aussedat, consultante indépendante pour la protection de la biodiversité marine et collaboratrice à Shark Alliance.
 
Mercredi 11 décembre 2013
REQUINS ET TOURISME DURABLE: UTOPIE OU RÉALITÉ ?
avec Patrice Petit de Voize, président de lacommission nationale Environnement et Biologie subaquatique à la FFESSM, et Osman Ersen, directeur de l'agence Blue Lagoon. Le tourisme durable et responsable est-il une voie qui permettra une meilleure connaissance des requins, voire une alternative à leur pêche ?

Le programme complet (en pdf) est à télécharger ici

Maison des Océans - Institut Océanographique 
195 rue Saint-Jacques
75005 Paris

www.institut-ocean.org