Placé dans le grand bassin 'Open Sea Exhibit' depuis début septembre, le jeune requin était visiblement un peu trop à l'étroit.
Selon le Monterey Bay Aquarium, la nage du squale s'était quelque peu modifiée, l'amenant à se frotter trop souvent près des parois, ce qui, à terme, aurait pu provoquer des abrasions. Les vétérinaires du MBA ont donc pris les devants en décidant de le relâcher.
Le requin a regagné la mer hier, avec succès, accompagné de deux tags : un tag satellite qui permettra de récolter une batterie d'informations sur ses mouvements (trajet, profondeur, température de l'eau...) des prochains 180 jours, et un tag acoustique d'une autonomie de 5 ans, qui documentera son parcours via un reseau de récepteurs-bouées placés le long de la côte californienne.
En 55 jours de captivité, ce jeune mâle requin blanc a gagné 4 kgs et 5 cm (et le poisson lune y a perdu quelque écailles...).
Souhaitons que ce requin blanc du MBA (le sixième) ne finisse pas dans les filets d'un pêcheur, comme cela avait été le cas pour son prédécesseur en 2009, quelques mois après son retour dans l'océan.
→ l'article (en anglais) sur le blog de l'aquarium
→ le site du Monterey Bay Aquarium
26 octobre 2011
23 octobre 2011
Capture illégale (de trop) d'un grand requin blanc à Mossel Bay

Le 11 avril 1991, l'Afrique du Sud a été le premier pays au monde à instaurer une protection pour les grands requins blancs, et à ce jour, il est toujours formellement interdit de pêcher, déranger, pourchasser ou d'attirer des requins blancs sans autorisation ou permis.
Cependant il semblerait qu'un laxisme certain se soit installé quand à l'application de cette réglementation. Pour preuve ce qui s'est passé le week-end dernier à Mossel Bay (Afrique du Sud).
C'est Oceans Research qui a révélé l'affaire. Vous vous rappellez sans doute l'étonnante histoire de ce requin blanc sautant dans leur bateau de recherche en juillet dernier. Les scientifiques Ryan Johnson et Enrico Gennari d'Oceans Research avait mis tout en oeuvre pour sauver et libérer ce requin. À nouveau, les deux hommes ont peut-être permis à un jeune requin blanc d'échapper à un triste sort... et par la même occasion, relancent le débat d'une protection plus effective du grand requin blanc en Afrique du Sud.
Le vendredi 14 octobre 2011, Oceans Research est averti par appel téléphonique : à Beacon Point, un pêcheur est en train d'attraper un grand requin blanc et de le remonter sur les rochers.

Ryan Johnson se rend donc sur les lieux. Sur place, le requin est toujours hors de son élément et le pêcheur ne fait visiblement aucun effort pour le remettre à l'eau. Mieux, quelques minutes auparavant, il posait pour quelques clichés avec le requin à ses côtés.
En Afrique du Sud, la loi est pourtant claire, aucune prise de grand blanc n'est permise. Et dans le cas d'une prise accidentelle par pêche, le requin doit être immédiatement libéré (ligne coupée si il le faut).
Le ton monte entre Johnson et le pêcheur. Celui-ci est dûment averti de son infraction, mais l'urgence est d'abord de remettre le requin à l'eau.
De son côté, Enrico Gennari a tout de suite pris contact avec l'antenne locale du DAFF (Department of Forestry and Fisheries), dont les bureaux sont à moins d'un kilomètre de Beacon Point. Le DAFF assure au chercheur qu'il va se rendre sur les lieux pour constater la situation.
À Beacon Point, Johnson, finalement assisté d'une autre personne et du pêcheur, arrive à faire basculer le requin et à le remettre à l'eau (photo ci dessous). Cette femelle requin blanc de deux mètres finit tant bien que mal par se retourner, et après s'être heurtée à nouveau au rochers, elle reprend la direction du large et disparaît...
Mais rien n'est moins sûr quant à sa survie. Enrico Gennari le précise : le pêcheur et ses fils ont mis plus d'une heure à remonter le requin sur les rochers pour pouvoir prendre leur photo. Quand ils ont compris qu'il n'y arriverait pas en tirant sur la ligne, ils ont attrapé et tiré le requin par les branchies pour le hisser sur les rochers, lui infligeant des dommages probablement irréparables.
Le pêcheur, Leon Bekker, savait-il que cette pêche était illégale? Sa réponse : "Et alors? Tout le monde fait des trucs illégaux, où est le problème?".
Et tandis que Bekker remballe son équipement (un kayak, vraisemblablement utilisé pour placer des appâts massifs, et du matériel de pêche au gros, ce qui ne laisse guère de doutes quand à ses intentions du jour), Ryan Johnson attends l'agent du DAFF.
20 minutes plus tard, il est clair qu'il est trop tard pour constater une infraction ou quoi que ce soit d'autre. L'agent du DAFF ne s'est pas présenté et reste injoignable.
Depuis lundi dernier, quelques photos récoltées par Oceans Research ont étés rendues publiques (certaines sont reproduites ici). L'affaire est relayée par la presse, le Cape Times en a même fait sa une, et les réactions d'indignations ne tardent pas.
Après avoir nié les faits puis menacé Johnson de diffamation, Bekker, réalisant sa situation, s'est étalé en excuses vaseuses, soutenant que "le requin s'est échoué tout seul sur les rochers", que lui même n'est qu'un "novice dans la pêche au requin"... ou qu'il ne sait pas vraiment reconnaitre un grand requin blanc.
La vérité est que l'homme n'est pas à son coup d'essai.
Pour preuve les quelques autres photos, accrochées au mur d'une boutique de pêche de George (ville de résidence de Bekker), et qui ont rejoint le dossier accablant. Ces photos montrent Bekker posant avec pas moins de douze grand requins blancs différents. Pas mal pour un novice.
Bien heureusement, de nombreux clubs de pêche sportive pratiquent une pêche "responsable" et légale, mais l'augmentation de la "pêche sportive au requin" a entraîné une augmentation dans le ciblage des grands requins blancs, pourtant protégés.
Et il y a bien eu quelques antécédents, observations à l'appui, de captures illégales. Les membres d'Oceans Research l'ont constaté durant les quatre dernières années
à Mossel Bay. En période de week-ends prolongés, ou de jours
fériés, des pêcheurs de Cape Town ou d'autres villes débarquent avec leur attirail de pêche dernier cri, et kits
spécial requin, sur les spots connus pour être fréquentés par les
grands blancs. La pêche était discrète, le soir ou tôt le matin.
Même si les contrevenants sont passible d'une amende de 50 000 Rands (5 000 euros) et d'une peine de prison de deux ans, sur les affaires portés à la
connaissance des institutions concernées, aucune n'a aboutie.
En clair, jusqu'à maintenant, personne n'a été inquiété pour pêche illégale de grands requins blanc en Afrique du Sud.
En clair, jusqu'à maintenant, personne n'a été inquiété pour pêche illégale de grands requins blanc en Afrique du Sud.
Ryan Johnson est conscient des failles de la législation. Il suffit pour un pêcheur d'affirmer après coup qu'il ne ciblait pas un grand requin blanc pour que les poursuites n'aboutissent pas. Et même si celui ci se vante (officieusement) de cibler les grands blancs sur les réseaux sociaux, même s'il possède tout le matériel pour capturer de gros requins, même s'il se trouve sur un site ou il est de notoriété que les grands requins blancs croisent, le fait est que "l'intention" (de pêcher un grand requin blanc) n'est pas un motif suffisant pour obtenir une condamnation de ces pêcheurs.
Il observe également que "malgré la loi stipulant que les pêcheurs doivent couper la ligne quand l'identification d'un requin blanc est avérée, il ne le font pas, prétextant qu'il est plus responsable de remonter le requin pour lui retirer l'hameçon avant de le relâcher (après avoir pris tout un tas de photos) - une excuse très commode pour ces pêcheurs délinquants.
Il observe également que "malgré la loi stipulant que les pêcheurs doivent couper la ligne quand l'identification d'un requin blanc est avérée, il ne le font pas, prétextant qu'il est plus responsable de remonter le requin pour lui retirer l'hameçon avant de le relâcher (après avoir pris tout un tas de photos) - une excuse très commode pour ces pêcheurs délinquants.
Le cas Bekker est maintenant porté en justice. 14 grands requins blancs (au minimum) ont fait les frais de ce seul pêcheur. Les autorités Sud Africaines sauront-elles agir cette fois ci ?
→ lire le communiqué de presse (en anglais) d'Oceans Research sur www.wavescape.co.za/white-shark-denial.html
→ lire les articles du Cape Times du 17 octobre et du 19 octobre
09 octobre 2011
Shark Alliance: Semaine européenne pour les requins 2011
Tout comme l'année dernière (et les 3 autres années auparavant), Shark Alliance organise la SEMAINE EUROPEENE POUR LES REQUINS qui se déroulera du 18 au 23 octobre 2011 dans plusieurs pays d'Europe.

Pour la France, l'inauguration aura lieu le dimanche 16 octobre 2011 à l'Aquarium de La Rochelle à partir de 14h30, avec au programme :
- "Requins: pour quelques nageoires de trop" une exposition photo de Pascal Deynat.
- "Face à face avec le grand blanc" une expostion photo de Patrice Héraud dont le livre "Le Grand Requin Blanc, du mythe à la réalité" vient de sortir (voir ce post).
- 16h50 / Débat sur les requins animé par Bernard Séret, chercheur à l’IRD et Patrice Héraud.
l'Aquarium Mare Nostrum de Montpellier proposera durant la semaine plusieurs rendez-vous dont :
Samedi 15 octobre 14h / "Le grand requin blanc" rencontre avec le photographe Patrice Héraud autour de son livre.
→ programme complet sur www.aquariummarenostrum.fr
Le Seaquarium du Grau du Roi proposera des expositions photographiques, projections et animations. Programme sur www.seaquarium.fr
L'Aquarium Sealife Paris proposera également des animations durant cette semaine.
Plus d'infos:
→ www.semaineeuropeennepourlesrequins.fr
→ www.sharkalliance.org

Pour la France, l'inauguration aura lieu le dimanche 16 octobre 2011 à l'Aquarium de La Rochelle à partir de 14h30, avec au programme :
- "Requins: pour quelques nageoires de trop" une exposition photo de Pascal Deynat.
- "Face à face avec le grand blanc" une expostion photo de Patrice Héraud dont le livre "Le Grand Requin Blanc, du mythe à la réalité" vient de sortir (voir ce post).
- 15h00 / Diffusion du film Sharkwater (Les seigneurs de la mer) de Rob Stewart.
- 16h50 / Débat sur les requins animé par Bernard Séret, chercheur à l’IRD et Patrice Héraud.
l'Aquarium Mare Nostrum de Montpellier proposera durant la semaine plusieurs rendez-vous dont :
Samedi 15 octobre 14h / "Le grand requin blanc" rencontre avec le photographe Patrice Héraud autour de son livre.
Mardi 18 octobre 19h / "Requins sous haute surveillance", projection du film de Christian Pétron (52 min), suivie de l'Expédition Mare Nostrum, sanctuaire de Malpelo en Colombie, visioconférence avec Stanislas Teuillaud, coordinateur de projet à la fondation Malpelo.
Jeudi 20 octobre 19h / "Une mer sans requins !", conférence de Bernard Séret de l'IRD.
→ programme complet sur www.aquariummarenostrum.fr
Le Seaquarium du Grau du Roi proposera des expositions photographiques, projections et animations. Programme sur www.seaquarium.fr
L'Aquarium Sealife Paris proposera également des animations durant cette semaine.
Plus d'infos:
→ www.semaineeuropeennepourlesrequins.fr
→ www.sharkalliance.org
07 octobre 2011
La république des îles Marshall protège ses requins !
Les îles Marshall (constituées d'une trentaine d'atolls et d'environ 1100 îles dans l'océan Pacifique) viennent d'annoncer il y a quelques jours la création d'un immense sanctuaire pour les requins, le plus grand de la planète (8 fois la surface du Royaume-Uni).
Dans cette zone la pêche commerciale de requins et la vente de tout produits dérivés du requin sera totalement interdite. Cette réglementation sera accompagnée de lourdes amendes pour les contrevenants.
Après Palau, les Maldives, le Honduras, les Bahamas et Tokelau, les îles Marshall s'engagent donc dans une politique concrète de défense des squales, et cette excellente nouvelle devrait ne pas rester sans suite. En effet, en juin 2011, plusieurs dirigeants micronésiens ont signés une déclaration en vue de la création, à terme, d’un sanctuaire régional couvrant toute la Micronésie et qui pourrait se concrétiser d’ici fin 2012.
→ l'article de Tahiti Infos.
→ le communiqué (en anglais) de Pew Environment Group.

Dans cette zone la pêche commerciale de requins et la vente de tout produits dérivés du requin sera totalement interdite. Cette réglementation sera accompagnée de lourdes amendes pour les contrevenants.
Après Palau, les Maldives, le Honduras, les Bahamas et Tokelau, les îles Marshall s'engagent donc dans une politique concrète de défense des squales, et cette excellente nouvelle devrait ne pas rester sans suite. En effet, en juin 2011, plusieurs dirigeants micronésiens ont signés une déclaration en vue de la création, à terme, d’un sanctuaire régional couvrant toute la Micronésie et qui pourrait se concrétiser d’ici fin 2012.
→ l'article de Tahiti Infos.
→ le communiqué (en anglais) de Pew Environment Group.
05 octobre 2011
Une interview de Bernard Séret
"Toutes les espèces de requins sont intéressantes à étudier et… à découvrir !"
Ceux qui sont familiers du monde des requins et ceux qui lisent ces pages le connaissent, pour les autres il n'est jamais trop tard, car quand on parle des squales en France, Bernard Séret n'est jamais très loin.
Chercheur à l'IRD (Institut de recherche pour le développement), océanographe-biologiste de formation, plongeur... Bernard Séret étudie les poissons cartilagineux, leur biodiversité, leur pêche et leur conservation depuis plus de 30 ans.
Auteur de plusieurs livres sur les requins et les raies, il travaille au sein du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
En 1996 il participe à la fondation de l'European Elasmobranch Association, qui regroupe à présent 12 structures de différents pays européens dédiées à la recherche sur les chondrichtyens.
Les Dents (et le nez) de la Mer, la squalamine, le requin-lanterne, les bons toutous des familles, le Mégalodon, les ptérygopodes, le CAC40 de la biodiversité... tout ça et bien plus encore se retrouvent dans la longue interview de Bernard Séret publiée le 17 septembre 2011 sur l'excellent site Agents d'entretiens - www.agentsdentretiens.fr
Ceux qui sont familiers du monde des requins et ceux qui lisent ces pages le connaissent, pour les autres il n'est jamais trop tard, car quand on parle des squales en France, Bernard Séret n'est jamais très loin.
Chercheur à l'IRD (Institut de recherche pour le développement), océanographe-biologiste de formation, plongeur... Bernard Séret étudie les poissons cartilagineux, leur biodiversité, leur pêche et leur conservation depuis plus de 30 ans.
Auteur de plusieurs livres sur les requins et les raies, il travaille au sein du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
En 1996 il participe à la fondation de l'European Elasmobranch Association, qui regroupe à présent 12 structures de différents pays européens dédiées à la recherche sur les chondrichtyens.
Les Dents (et le nez) de la Mer, la squalamine, le requin-lanterne, les bons toutous des familles, le Mégalodon, les ptérygopodes, le CAC40 de la biodiversité... tout ça et bien plus encore se retrouvent dans la longue interview de Bernard Séret publiée le 17 septembre 2011 sur l'excellent site Agents d'entretiens - www.agentsdentretiens.fr
photo: IUCN-Shark Specialist Group http://www.iucnssg.org
13 septembre 2011
Shark Alliance: Pétition 2011
Nouvelle campagne pour Shark Alliance et nouvelle pétition !
Celle-ci appelle à RENFORCER LES DISPOSITIONS pour la PROTECTION DES REQUINS dans les eaux Européennes, à savoir :
► Une interdiction totale de l'enlèvement des nageoires de requins (Shark finning) en mer.
► Des limites de captures pour les requins et les raies sur base des avis scientifiques et du principe de précaution.
► Des mesures de protection européennes et nationales pour les espèces menacées de requins et de raies.
Nous vous encourageons à signer cette pétition en ligne. Elle sera récoltée fin octobre 2011, et envoyée à vos députés européens, qui pourront peser sur les décisions futures en connaissance de cause.
L'Europe interdit déjà le Shark finning... en théorie, car de nombreuses failles subsistent dans les législations actuelles, permettant notamment aux flottes Espagnoles et Portuguaises de contourner ces mesures, de pêcher sans limite de captures et de continuer à pratiquer le Shark finning en mer.
Alors que par le monde la prise de conscience fait son chemin et que des mesures significatives sont engagées depuis le début de l'année (lois anti-finning - Chili - sanctuaires pour les requins - Bahamas, Honduras...) l'Union Européenne est à la traine concernant la protection de ses requins.
L’Espagne, le Portugal, la France et le Royaume-Uni se classent toujours parmi les 20 premiers pays en terme de captures de requins. Les débarquements cumulés de ces quatre pays placent l’UE en seconde position mondiale, derrière l’Indonésie, pour le volume des captures de requins (source: FAO).
Votre opinion peut faire la différence...

Shark Alliance prépare également la prochaine Semaine européenne pour les Requins (European Shark Week) qui aura lieu du 15 au 23 octobre 2011.
Nous en reparlerons très bientôt.
Pour un peu plus de lecture :
→ documents en français sur le Shark finning et sur les requins de l'UE : http://www.sharkalliance.org/publications.asp?language=2
→ Sharks fins in Europe, un rapport de Sarah Fowler et Bernard Séret (nov 2010) : http://www.sharkalliance.org/content.asp?did=36607
10 septembre 2011
Un nouveau jeune requin blanc au Monterey Bay Aquarium

L'Aquarium de Monterey Bay, près de San Francisco, a recueilli un jeune specimen le 18 août dernier, près de Malibu (Californie) ; un jeune mâle mesurant 1,40m, pesant 20kg et âgé d'une année environ.
Après 2 semaines d'accoutumance dans un bassin spécial, constatant qu'il était en bonne santé le personnel l'a placé dans l'Open Water exhibit, un énorme bassin d'eau salé sensé reproduire les conditions de haute mer.
Depuis le 31 août, le public peut le voir vaquer à ses occupations en compagnie d'un poisson lune et de 2 requins marteaux... et les internautes peuvent l'apercevoir sur la WebCam HD de l'aquarium de 16h à 04h heure française (7am-7pm PDT Pacific daylight time).
Avant lui, 5 jeunes requins blancs ont fait un séjour dans cet aquarium avant d'être relâchés. Mais on reviendra sur les grands requins blancs gardés en captivité très bientôt.
→ le blog de l'aquarium
photo: MBA
09 septembre 2011
La Réunion, Seychelles, Russie... l'été du Requin 2011?
Depuis le début de l'été, une série d'accidents à travers le monde, avidement relayés par les médias, a réactivé la psychose requin... celle-là même qui avait reparue avec les évènements de Sharm-El-Sheikh en Egypte fin 2010.
En France, on n'est pas en reste, on a signalé des requins à St Tropez, Arcachon, Wissant... tout encore surpris qu'on est de voir qu'il y ait des poissons et donc des requins dans les mers.
Dans cette tourbe médiatique, essayons d'y voir plus clair.
île de la Réunion
Le 6 juillet, un bodyboarder de 15 ans est mordu à St Gilles, aux Roches Noires. C'est le troisième accident (dont un mortel) de l'année, sans compter les multiples alertes et signalements. Le 15 juillet, c'est un kayakiste qui subit les assauts d'un squale.Pourtant l'île de la Réunion est coutumière de la présence de requins; le requin tigre et le requin bouledogue fréquentent régulièrement ses eaux.
Visiblement désemparée face à la situation (et au chiffre d'affaire en baisse), la municipalité de St Paul a temporairement fermé ses plages puis s'est concertée, cherchant explications et solutions dans le but de gérer le "risque" requin.
Un "comité de pilotage" a été mis en place, suivant 3 axes de travail : connaissance du risque, prévention et gestion. Une base de donnée sur les requins réunionnais devra être établie, des panneaux d'information installés, et l'on parle déjà de Shark Shiels collectifs, boucliers magnétiques anti-requins, sur des bouées rattachées par câble...
Affaire à suivre, mais la création d'une infrastructure officielle compétente semble désormais nécessaire et souhaitable.
→ à lire aussi ce billet de Surf-prevention qui analyse la situation.
Seychelles
Le 1er août, Nicolas Virolle, un français de 36 ans, subit l'assaut d'un requin à une trentaine de mètres de la plage de Anse Lazio, île de Praslin. Gravement blessé, lacéré au ventre et aux jambes, il est déjà mort quand il est ramené sur la plage.
Malgré les nombreux témoins, les autorités évoquent la possibilité d'un accident avec une l'hélice d'un bateau... (ça ne vous rappelle rien?). Sur les lieux, c'est le blackout médiatique. L'indécision et la confusion persistera quelque jours avant que l'on parle finalement d'un grand requin blanc "de passage".
Le 16 août c'est un touriste anglais, Ian Redmond, qui perd la vie au même endroit. Dans la foulée, les autorités ont interdit la baignade et toute autre activité nautique sur l’île de Praslin ainsi que sur les îles avoisinantes.
Même si ces accidents ont suscité l'incompréhension au sein de l’archipel (où aucun accident mortel n'avait plus été recensée depuis 1963) doublé d'une forte inquiétude quant au futur (les Seychelles tirent ses principaux revenus économiques du tourisme européen), ça n'a pas empêché aux locaux de rejouer en live Les Dents de la Mer...Assurément encore sous le choc, le gouvernement, pressé par les hôteliers, n'a pas trouvé mieux que de proposer une récompense de £3,000 à qui ramènerait le "requin tueur". La traque a été engagée par les pêcheurs de l'archipel, qui feront un carnage, avec pas moins d'une quarantaine de prises de squales dont un requin tigre de 3,6m.
Réaction désespérée, disproportionnée et stupide, qui bien évidemment ne résoudra rien.
Le gouvernement a également fait appel à l’expertise du KwaZulu Natal Sharks Board, qui préconise début septembre la mise en place de filets de sécurité autour des plages de Praslin. Une mesure déjà en place depuis plus de quarante ans sur les côtes Sud africaines du Kwazula Natal, et qui est maintenant largement contestée. En effet, de nombreux requins ainsi que tortues, dauphins et diverses espèces marines menacées en font les frais, s'empêtrant et mourant asphyxiés dans ces filets.
Le prix à payer pour faire revenir le touriste?
Pourtant d'autres mesures dites proactives ou non-invasives ont déjà fait leurs preuves, tel le repérage par avion ou une surveillance depuis un point plus élevé, dans le style des Shark Spotters d'Afrique du Sud...
A l'heure actuelle, l'examen de fragments de dents laissent supposer fortement à l'implication du requin tigre dans ces deux attaques, selon le rapport de Geremy Cliff du Natal Sharks Board. Cependant, ces fragments doivent être encore examinés.
Russie
Courant août, trois accidents ont eu lieu en 10 jours de temps, tous dans la région du Primorié (côte est de Russie, mer du Japon). Une zone touristique assez fréquentée en été, mais inédite pour des incidents avec des requins.
Le 17 août, un homme de 26 ans est gravement blessé aux avant-bras dans la baie Telyakovsky. Le lendemain à une soixantaine de kilomètres, un jeune garçon de 16 ans est mordu à la jambe près de l'île Jeltouchine. On parle d'un requin de 4 mètres, grand blanc ou requin marteau selon les sources, qui restent assez imprécises.
Ce report d'Euronews précise que le requin a été filmé. Mais on reste sans voix quant aux allégations du "spécialiste" russe, affirmant qu'un requin puisse rester dans les environs s'il a "goûté à la chair humaine"... (fantasme russe ou erreur de traduction?).
Certains scientifiques locaux, eux, invoquent les changements climatiques. Ainsi le chercheur Pavel Kaltchouguine déclare que "selon toute vraisemblance, le requin est arrivé jusqu'à nos côtes à la faveur d'un courant chaud, dû à la montée des températures".
Quoi qu'il en soit, les plages de la région sont rapidement interdites à la baignade et des patrouilles maritimes sont lancées. Puis très vite (inspiré par les événements des Seychelles?), la décision est prise de lancer une chasse au "requin tueur".
Le 27 août, un homme de 25 ans est blessé assez légèrement au bras à Slavyanka, dans la même région, tout juste après que les plages aient été réouvertes. Et la traque au "mangeur d'homme" continue...
→ à lire aussi ce billet de Globalvoices sur les attaques en Russie.
photo: RIA novosti
Durant tout l'été d'autres incidents ont été également signalés à travers le monde; deux surfeurs blessés légèrement en Floride en 3 jours, au Costa Rica, en Afrique du Sud, à Tahiti ou un surfeur a échappé de peu à une morsure, en Caroline du Nord...
L'année 2011 va-t-elle marquer une augmentation significative des interactions entre hommes et requins, une "recrudescence des attaques" comme on peut le lire ici et là ? Encore un peu tôt pour tirer ce genre de conclusion, surtout avec une surmédiatisation jouant à plein régime.
Ce dont on est certain en tout cas, c'est de l'augmentation de la pression humaine sur les mers et les océans : un tourisme de masse, avec toujours plus de monde dans l'eau et plus d'activités nautiques donneront logiquement plus de rencontres...
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